|
Ouf, soulagé j'ai fini mon Everest ! Je suis venu, j'ai vu et vaincu les 70 bornes avec 2700 m + de sommets de la moyenne montagne Jurassienne et ne dit-on pas pour finir que de tout les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves ! Embarqué dans ce défi plus qu’une aventure pour moi, j'ai bien failli abandonner à l’arrivée à Morez après 35 km environ. De mon passé de Traileur, je n'ai autant douté de moi et jamais je n'ai eu autant de difficulté à affronter le pas suivant… Il a bien fallu me rattacher à ma chère épouse pour arriver au bout du parcours et sans mentir sans sa présence à plusieurs points de passage, j'aurais lâchement baissé pavillon… Tant l'effort dans sa longueur mais surtout dans ses passages de montées et de descentes techniques carrément à pic me forçait à puiser dans mes dernières ressources mentales ainsi que dans mes jambes ! Malgré tout, les superbes points de vue, deux tremplins de saut à ski, des petits ponts, des rochers, racines, cailloux piégeurs, des relances continuelles, le tout jusqu’à l’indigestion ont fait de ce parcours un Trail superbe et magnifique ! De plus le temps était avec nous, les conditions météo étaient excellentes : 20 °c et un peu de soleil, aucune pluie mais de la fraîcheur bien utile. Beaucoup d'encouragements dans sa seconde partie et un finish assez grandiose de ma part ou sur les 15 dernières bornes je retrouvais une énergie que je ne croyais plus posséder, ce qui me permit de rattraper certains concurrents et de finir sans trop de casse Les Traileurs du 34 me rattrapaient et me permettaient de ne pas courir seul sur la deuxième partie du parcours. Il fallait en finir et ils m’ont permis de forcer encore davantage. Il fallait des ‘c…’, c’est sûr mais aussi un certain manque de raison pour encore prendre du plaisir à courir après 50 km et plus. Mais le regret que j’aurais ressenti si j’avais stoppé dans mon élan, je pense que je ne l’aurais jamais digéré. Je suis surpris de ma capacité de récupération après cet effort en endurance pure et après 8h33 de course de me sentir si bien dans mes jambes. Le dénivelé paraissait sur papier assez accessible mais en réalité il fut par endroits ‘limite infranchissable’, tellement pentu que tous marchaient, du premier au dernier. Il faut aussi savoir que la bérézina était collective car il n’y eu pas moins de 90 abandons sur plus de 320 participants,la preuve par les chiffres sur la difficulté de ce Trail. Pour couronner le tout, à mi-chemin, vous découvrez à Morez un « couloir des abandons », et sans rire, si vous doutiez, il faut alors bien vous accrochez car ce couloir est parallèle au ravito de Morez. En ce qui me concerne : 3 litres de liquide sur les 70km, 6 gels, du pain d’épices et des oranges, c’était vraiment indispensable. La seconde partie est aussi la plus belle à mes yeux. Un départ à 5h30 et pas vraiment encore suffisamment de lumière pour apprécier mais au fur et à mesure des kilomètres qui s’enchaînent, la beauté du paysage s’impose enfin malgré l’effort constant.
N’hésitez pas à marcher aussi souvent que nécessaire pour tenir une telle distance. Cela ne sert pas à grand-chose de tenter de ‘courir’ sur certains dénivelés, cela ne vous épuise que plus ! Côté matos, hyper important d’avoir du matériel testé à l’avance et pas du neuf. Il faut être certain de tout ce qu’on transporte, surtout pour le ravitaillement. Belle organisation, chapeau. En guise de conclusion : que j’aime le Trail qui permet de se fondre dans les paysages, en toute liberté. Une véritable passion, ou une véritable drogue ? Un peu des 2 certainement...
|